Dimanche 6 décembre 2009
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Voici l’eau. Tu la crois, bleu pâle et morte, chèvre faite de boue ?
Tu la crois, mourir en guise de toucher, sur les rivages acérés ?
Tu l’observes, secret inamovible, sur les roches de glu ?
Et surtout manges-tu ses vagues, ses « toujours » à la marge,
Ses pleurs crucifiés sur l’autel de la plage ?
Voici l’eau au pourtour du monde de grisaille
L’enveloppe écumeuse des cadavres en été
La chrysalide,
Le faciès impalpable du cri à peine éteint,
La vulve de septembre comme un rideau fermé.
Voici l’eau, ce sycomore plat, tuberculeux,
Comme un peu de tendresse.
Tu nages sans savoir.